


LES ETAPES DE MONTAGE:

“LE GARDIEN DE LA VALLEE DU GOUET”
Diorama du viaduc de la Méaugon à l’échelle 1/200ème

Ce diorama présente le viaduc de la Méaugon, un chef-d’œuvre d’ingénierie ferroviaire niché dans la vallée du Gouët en Bretagne dans les Côtes d’Armor (22)
Réalisé à l’échelle 1/200ème, il retrace avec précision et passion chaque étape de la construction miniature, du choix des matériaux à la mise en valeur du décor.
Ce document propose un voyage au cœur de la maquette et de ses secrets de fabrication.

Mon viaduc de la Méaugon expliqué étape par étape en photo:📷
Mais avant ça, quelques chiffres
📏 Echelle 1/200ème.
Longueur :1.35 ml
Largeur : 50 cm.
Hauteur 30 cm.
Estimation approximative de 30 000 pièces.🧱
📆Délais du projet des prises d’informations jusqu’à la fin du montage : 1 an.
Un peu d’histoire….
Le viaduc de La Méaugon a été édifié entre 1860 et 1862 pour permettre la
traversée de la vallée du Gouët par une ligne de chemin de fer, reliant Paris à Brest
au service de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. Il est implanté sur la
commune de La Méaugon, dans le département des Côtes-d’Armor. L’ouvrage
mesure 228 mètres de longueur pour une hauteur de 58 mètres au-dessus du fond
de la vallée.
Sa structure est principalement constituée de granit, une pierre extraite
directement des carrières situées à proximité immédiate du site de construction.
Le viaduc se compose de plusieurs éléments distincts : six arches inférieures, un
tablier piétonnier intermédiaire avec des accès par des portes situées sur chaque
pilier, ainsi que douze arches supérieures soutenant le tablier principal, destiné à
la circulation des trains.
En 1978, la construction du barrage de Saint-Barthélemy a entraîné la submersion
de la partie inférieure du viaduc, qui se retrouve désormais immergée sous une
vingtaine de mètres d’eau. Selon le niveau du réservoir, il est parfois possible
d’accéder au tablier intermédiaire, permettant une circulation piétonne et offrant
une vue sur la vallée environnante.

➊ Première étape: (et pas des moindres )
Prises de cotations sur la partie visible et petite escalade de la vallée jusqu’à la
voie ferrée pour réaliser quelques clichés
Recherche d’informations et d’anciennes photographies de la partie immergée
(merci à la collection musée de Bretagne basé à Rennes pour les photos trouvées sur le net).
Construction réalisée entre 1860 et 1862.
Les six arches inférieures seront immergées en 1978 par la construction du
barrage de Saint Barthélémy. Une fois toutes les informations reçues il m’a fallu
dessiner les plans à l’échelle.


➋ Deuxième étape :
Reporter mon plan sur ma structure (ici du papier cartonné grand format).
Mise en forme des piliers et arches de la partie immergée. Identification par
nombre et lettre de façon à assembler la structure (les piliers ne font pas toutes la
même hauteur du a la pente de la vallée).
Découpage, assemblage par baguette en balsa 3×3 mm collée.




➌Troisième étape :
Mise en œuvre de la base du diorama, ici j’ai utilisé du carton plume 5 mm et un
medium placé dessous pour renforcer.
Mise en forme de la rivière du Gouët passant entre les piliers 4 et 5. Pour ce faire
j’ai creusé le carton plume, posé du sopalin dilué et collé avec de la colle à bois
diluée avec de l’eau pour donner de la structure au lit de la rivière.
Démarrage des pierres Miniacons sous les arches pour une question de simplicité
de mise en œuvre.
Puis pose des 6 arches assemblées sur le diorama



➍ Quatrième étape :
Ici la partie que j’affectionne le plus, pose des pierres 5×5 mm de chez Miniacons.
Habillage de la structure carton en céramique posé à la colle à bois prise rapide et
invisible après séchage.
Montage et façonnage des piliers immergées jusqu’à hauteur du tablier
intermédiaire.
Démarrage et mise en œuvre des portes du passage piéton.



➎ Cinquième étape :
Fin de pose des pierres 5×5 sur les piliers et arches immergés. Mise en place du pavage du tablier intermédiaire, finitions des portes.




➏ Sixième étape :
On reprend le carton pour la fabrication des 12 arches et 13 piliers visibles
actuellement.
Un gros travail car c’est le double de celles du départ !
Détails de la mise en œuvre des arches avec le balsa en 3×3 mm
Ajustement des arches supérieures sur celles du dessous.
Il faut savoir s’adapter sur des réalisations en scratch comme celle-ci !




➐ Septième étape :
Petit à petit les 12 arches et 13 piliers prennent places sur le tablier inférieur.
On peut commencer à apercevoir la vallée du Gouët se dessiner de chaque côté.
J’en profite pour monter quelques pierres sur l’un des piliers pour voir le rendu


➑ Huitième étape :
Pose des panneaux extrudé pour la création de la vallée du Gouët.
C’est une étape primordiale pour la tenue des arches.
Découpage et mise en œuvre des panneaux, je fais en sorte de respecter la forme
de la vallée comme sur les photos d’époque.


➒ Neuvième étape:
Pose des pierres 5×5 sur les 12 arches supérieures.
Un long travail de patience, pour cette étape j’ai dû poser pas loin de 8000 pierres.



➓ Dixième étape :
On va commencer à rentrer dans les étapes un peu plus techniques avec des
termes que vous ne devez pas connaître
Pas d’inquiétude je vais vous expliquer
Pose des panneresses et boutisses sur le tablier inférieur et piétonnier.
Terme utilisé pour des pierres taillées en sorte que sa plus grande dimension se
trouve placée dans le sens de l’épaisseur du mur. Ici en l’occurrence, elles sont
utilisées en façade du tablier pour arrêter le pavage et taillées en biseau.



➊➊ Onzième étape :
Pose des claveaux. Ces pierres taillées en coin sont utilisées pour la construction
des voûtes.
Pose des corbeaux sur le tablier supérieur. Ces pierres servent “d’assises” pour la
reprise du tablier/console de la voie ferrée.




➊➋ Douzième étape :
Démarrage des impostes sur les arches.
Je vous joins une photo pour comprendre les termes techniques (quelquefois les
images valent mieux que des mots )
Photo des termes:



Les matériaux:
Quoi de mieux qu’une petite présentation des différentes pierres avec
lesquelles je travaille ! De la céramique de chez Miniacons! Ici 5 formats
différents, on démarre avec du 3x3mm pour ce qui est
de la maçonnerie des panneresses, façonnage des
sommiers. Du 4x4mm pour les corbeaux. Du carré en
5x5mm pour les voussures des voutes. Du 5x5mm
rectangulaire pour la maçonnerie des arches, et
piliers (celles utilisées principalement) et pour finir
du carreau en 1 mm pour l’habillage du tablier et des
impostes. Ce matériau se travail avec une lime pour
la mise à la côte et du papier de verre pour la finition.
Quelques clichés pour vous donner une idée




🚂 Ma petite locomotive qui viendra parachever mon diorama Étant donné que
l’échelle 1/200 n’existe pas dans le monde du modélisme ferroviaire, j’ai dû opter
pour l’échelle Z (1/220ème) ! Cette petite différence est vraiment minime et ne
devrait pas poser de problème ! Ici la fidèle réplique locomotive Française des
Pacific du PLM construite dans les années 1900.


🛠️ Présentation du matériel utilisé ici pour la mise en œuvre de la céramique !
Essentiellement la pince brucelles, mon fidèle outil indispensable pour la mise en
place des pierres en céramique, avec plusieurs embouts.
Une lime douce pour dégrossir et tailler les pierres.
Du papier de verre grain fin généralement je démarre au 120 puis je diminue pour la
finition du 180 au 240.
🖌️Des pinceaux à poils durs pour le dépoussiérage après ponçage et du fin pour bien
passer dans les joints.
Un scalpel et un cutter à lame fine.
Et pour finir, de la colle à bois prise rapide et invisible après séchage !
Et bien évidemment une bonne Dremel
Le détail des pierres utilisées permet de mesurer l’ampleur du travail réalisé sur les deux façades.
Soit un total de 36 arches:


Les douze arches de la façade sud prennent progressivement forme ! Les voussures sont presque achevées, ce qui va me permettre de poursuivre la pose des pierres jusqu’au tablier de la voie ferrée. Il ne restera plus qu’à
finaliser le parapet pour compléter cette étape.

Une fois les voussoirs, aussi appelés claveaux (les pierres en forme de coin qui composent les arches), posés, je peux commencer à installer les pierres de l’écoinçon. Il s’agit de la partie de la maçonnerie située juste au-dessus des
arches, entre celles-ci et le tablier de la voie ferrée.
Vous pouvez remarquer le travail minutieux réalisé sur les pierres biseautées : elles sont taillées avec précision pour s’ajuster parfaitement à la forme des clefs de voûte – les pierres centrales qui verrouillent chaque arche.
C’est un travail long, précis et très minutieux… un vrai travail de fourmi ! 🐜




Détails du démarrage de pose des pierres créant les impostes des arches soutenant le tablier supérieur.
Ici j’utilise des pierres de très petites
dimensions 3x3x6mm, un vrai travail d’orfèvre, de patience et de minutie !
Merci à l’entreprise Hobby Stone, Miniacons & Aedes Ars pour leurs céramique de très bonne qualité!! Il faut savoir aussi faire un peu de publicité pour les bonnes entreprises.



Quoi de plus parlant qu’une photo du vrai viaduc à côté de celle de mon projet ? Il faut avouer que la ressemblance est plutôt saisissante, non ? Qu’en pensez-vous ?

Mise en œuvre de la vallée :
Habituellement, j’utilise des bandes de plâtre, mais ici les contraintes de volume et de dimensions m’ont amené à adopter une autre méthode, tout aussi simple et visuellement similaire. Pour cela, j’emploie du papier journal que j’enduis de plâtre en plusieurs couches successives.
En amont, je découpe le polystyrène extrudé afin de lui donner une première forme et d’adoucir les arêtes et les angles.



Reconstitution de notre belle vallée du Gouët, telle qu’elle pouvait se présenter, à peu de choses près, avant la construction du barrage en 1978. J’ai quelques amis pêcheurs qui aimeraient bien la revoir ainsi. Mise en peinture, en mélangeant du gris, du marron et du vert, afin de me rapprocher au mieux des teintes naturelles de notre belle vallée.

Mise en place des panneaux d’habillage du diorama, ces panneaux servent à
masquer le polystyrène extrudé et referme de part et d’autre la vallée, j’ai utilisé
du contreplaqué en peuplier de 10 mm d’épaisseur et pour finir une peinture noir
mat et des baguettes pour la partie basse peintes en gris.


Fabrication et création des arbres de la vallée, ici j’utilise du Zeechuim, une plante naturelle qui une fois séchée ressemble énormément à nos feuillus et conifères de nos forêts.


Une phase cruciale : la réalisation des “jus”
C’est grâce à eux que les pierres vont prendre du cachet, de la profondeur et un réalisme incroyable.
Matériel du jour : peinture à l’huile Terre d’ombre brûlée & naturelle.
Noir ivoire Vert de vessie un peu d’essence à Zippo pour tout diluer…
Et hop, on obtient un jus parfait !
C’est un travail long, précis, minutieux : fines couches, retouches infinies… mais le résultat vaut le coup!

Détails en images de la réalisation des arbres avec le flocage, de la patine réalisée sur les pierres du viaduc.




Un petit peu de signalisation quand même Bon faut travailler avec une loupe à cette échelle mais je trouve que ma vue n’est pas trop mal !! J’ai même réussi à faire quelques vieillissements sur les panneaux… C’est dire!
Je vous laisse juger par rapport à mon pouce et la pince brucelle



Un peu de fumée et un rendu plus réaliste pour la cheminée de la locomotive.
J’utilise ici de la ouate blanche étirée, et pour donner encore plus de couleur pose d’une micro led alimentée par une
pile bouton !


Pour donner un peu plus de vie a ce diorama, j’ai décidé d’y ajouter un pêcheur au bord de la rivière du Gouët ainsi qu’un troupeau de vache a praire dans la prairie. Par le biais d’une connaissance, j’ai pu réaliser ces figurines avec une imprimante 3D, il faut savoir que les personnages à l’échelle
1/200ème ne peuvent dépasser 1cm de hauteur. Pour la canne à pêche j’ai utilisé un poil d’un balai et pour la ligne j’ai utilisé un cheveu de ma femme.



REMERCIEMENTS:
Un grand merci à mes partenaires Espagnols, en particulier à Dani, l’un
des responsables des sociétés Aedes Ars & Miniacons, basées à Barcelone.
Nous collaborons depuis plusieurs années déjà, et j’ai le plaisir de concevoir pour
eux certains de leurs modèles et kits.
Merci également à Mr le Maire de la Méaugon, LABBE Jean-Marc pour m’avoir
autorisé à utiliser le blason de la commune.
Remerciements également à Johan & Antoine pour les coups de mains
d’impression 3D, à ma femme et mes enfants pour leur soutien dans ce projet.



